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Courrier International: La face cachée des Moudjahidin

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La face cachée des Moudjahidin

By Elaine Sciolino

L’arrestation à grand spectacle de ses dirigeants réfugiés en France a mis en lumière les pratiques étranges de ce groupe d’opposition iranien.

L’arrestation en France de membres des Moudjahidin du peuple a transformé leur siège d’Auvers-sur-Oise en un lieu de pèlerinage. Des centaines de sympathisants des moudjahidin se sont installés dans la ville où Vincent Van Gogh a passé la fin de sa vie avant d’y être enterré. Danielle Mitterrand s’est rendue sur place pour apporter son soutien. Le maire d’Auvers-sur-Oise leur a prêté un terrain de football pour qu’ils puissent y installer leurs tentes.

Shahin Gobadi, un porte-parole de l’organisation, a fait circuler des lettres critiquant la décision française d’emprisonner Maryam Radjavi [libérée sous caution depuis]. Plusieurs de ces lettres portaient la signature de législateurs américains. “Ces arrestations servent les intérêts de la dictature terroriste qui dirige l’Iran”, affirmait ainsi une lettre de William Lacy Clay, représentant démocrate du Missouri. Le représentant démocrate de New York Edolphus Towns a envoyé une lettre similaire.
Ceux qui connaissent les Moudjahidin du peuple savent qu’ils sont loin de bénéficier d’un soutien populaire en Iran. L’organisation a opéré plusieurs virages idéologiques depuis sa fondation. “C’est l’insistance mise sur l’obéissance au dirigeant qui lui a permis de subsister, plutôt que son programme politique”, analyse Ervand Abrahamian, professeur d’histoire à l’université Baruch.
C’est aussi leur dévotion à l’égard de Maryam Radjavi qui a conduit plusieurs d’entre eux, à travers l’Europe, à s’immoler par le feu après son arrestation. Bien que Maryam Radjavi ait fait parvenir depuis sa cellule un message demandant à ses sympathisants de cesser ces actions, d’anciens membres affirment que, dans les camps d’entraînement irakiens, l’immolation par le feu était présentée comme justifiée en cas de persécution contre le couple Radjavi.
D’anciens militants ayant fait défection ont décrit la brutalité des pratiques de l’organisation en Irak, où elle est installée depuis 1986. Après la guerre du Golfe de 1991, le gouvernement irakien a ordonné aux moudjahidin de l’aider à réprimer la révolte des chiites et des Kurdes contre Saddam Hussein. “On nous a expliqué que si ces révoltes parvenaient à renverser Saddam Hussein, ce serait la fin de notre mouvement”, raconte Karim Haghi, ancien garde du corps des Radjavi. “Maryam Radjavi nous a conseillé de les tuer avec des tanks afin de garder nos balles pour d’autres opérations.”
D’anciens membres disent qu’on les a obligés à divorcer, d’autres se sont vu retirer leurs enfants, adoptés ensuite par des familles européennes. Ils disent qu’on leur prenait leur passeport, qu’on changeait leur nom et qu’on organisait des séances d’autocritique filmées afin de servir d’éléments à charge en cas de défection.
En France, les autorités n’envisagent d’expulser aucun d’entre eux vers l’Iran, où ils seraient certainement jugés pour trahison. Mme Radjavi, par exemple, bénéficie du statut de réfugié jusqu’en 2006. Quant à Massoud Radjavi, on ignore s’il se trouve actuellement en Irak, et même s’il est encore en vie.

Révolution ?
Les mouvements d’opposition au Moyen-Orient paraissent bien futiles comparés à l’opposition iranienne, affirme Al Hayat. Les raisons sont historiques : l’Iran est le seul pays de la région à avoir connu une révolution populaire et non des coups d’Etat. “Les événements actuels peuvent conduire à une seconde révolution si les critiques ne visent pas uniquement le guide Khamenei, mais remettent aussi en cause l’ayatollah Khomeyni”.

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